
Reprendre le sport après une blessure est souvent plus compliqué que prévu.
La douleur a disparu, on se sent mieux, on recommence à courir ou à s'entraîner… puis une gêne revient quelques jours plus tard. Dans certains cas, la blessure récidive parce que le corps n'était tout simplement pas encore prêt à supporter les contraintes du sport.
Mais alors, comment savoir si l'on peut réellement reprendre ?
Est-ce que l'absence de douleur suffit ? Faut-il attendre un certain nombre de semaines ? Peut-on reprendre directement son niveau habituel ? Et surtout, quels sont les signes qui montrent que la récupération est suffisamment avancée ?
La réponse est importante : le retour au sport ne devrait pas être décidé uniquement en fonction du temps écoulé depuis la blessure.
Les recommandations internationales considèrent aujourd'hui le retour au sport comme un processus progressif qui doit prendre en compte la douleur, la mobilité, la force, le contrôle des mouvements, les capacités fonctionnelles, les exigences du sport et également la confiance du sportif. (PubMed)
C'est probablement l'une des erreurs les plus fréquentes.
On se blesse à la cheville, au genou, à l'épaule ou à la cuisse. Après quelques semaines, la douleur disparaît au repos.
On se dit alors :
« Je n'ai plus mal, donc je peux reprendre. »
Pas forcément.
La douleur est une information importante, mais elle ne permet pas à elle seule de déterminer si les tissus, les muscles et les articulations sont capables de supporter à nouveau les contraintes sportives.
Prenons l'exemple d'une entorse de la cheville.
Vous pouvez marcher normalement sans douleur, mais avoir encore :
Dans ces conditions, reprendre directement un entraînement intense peut être prématuré.
Une étude de consensus internationale consacrée au retour au sport après une entorse latérale de la cheville propose justement d'évaluer plusieurs domaines : douleur, mobilité et capacités musculaires, perception du sportif, contrôle sensorimoteur et performance spécifique au sport. (PubMed)
Voir l'étude sur PubMed concernant les critères de retour au sport après une entorse de chevilleIl est très tentant de raisonner ainsi :
Le problème est que deux personnes ayant exactement la même blessure peuvent récupérer à des vitesses différentes.
Le délai dépend notamment :
Les experts recommandent donc de privilégier une progression basée sur des critères de récupération, plutôt que de simplement attendre qu'un certain nombre de semaines se soient écoulées. (PubMed)
Cela ne signifie pas que le temps ne compte jamais.
Après certaines opérations ou certaines lésions, la cicatrisation biologique impose effectivement des délais incompressibles.
Mais le calendrier ne doit pas être le seul critère.
Il n'existe pas une checklist universelle valable pour toutes les blessures.
Cependant, plusieurs éléments peuvent aider à déterminer si une personne se rapproche d'un retour au sport.
Les mouvements du quotidien sont redevenus normaux
Avant même de penser au sport, il faut déjà regarder les mouvements de base. Pouvez-vous :
Si certaines activités simples restent difficiles, il est généralement prématuré de demander à votre corps de réaliser des mouvements beaucoup plus exigeants.
La mobilité est suffisamment récupérée
Une articulation qui manque de mobilité peut modifier la façon dont vous bougez. Par exemple, une limitation de la mobilité de la cheville peut modifier la réception d'un saut ou la manière dont le genou travaille. Une épaule encore limitée peut modifier les mouvements du bras. Un genou qui ne retrouve pas correctement son extension peut également perturber la marche et la course. La récupération de l'amplitude articulaire fait donc partie des éléments à vérifier pendant la rééducation.
La force est revenue
Après une période d'arrêt, la force musculaire diminue rapidement. C'est particulièrement important après une blessure au genou, à la cheville ou à la cuisse. Vous pouvez avoir l'impression d'être « en forme » tout en ayant une différence importante entre le côté blessé et le côté sain.
Mais attention : comparer simplement les deux jambes n'est pas toujours suffisant.
Un sportif peut avoir perdu de la force des deux côtés pendant son arrêt. Les tests doivent donc être interprétés dans leur contexte et, lorsque cela est possible, en fonction des exigences du sport.
Pour certaines blessures, notamment après une reconstruction du ligament croisé antérieur, les tests de force et de fonction font partie des outils utilisés pour évaluer le retour au sport. (PubMed)
Vous pouvez réaliser les mouvements sportifs sans douleur importante
La rééducation doit progressivement se rapprocher de votre sport.
C'est une étape essentielle.
Un joueur de football ne devrait pas passer directement de :
Il existe normalement des étapes intermédiaires.
Par exemple :
La progression dépend évidemment de la blessure et du sport pratiqué. L'objectif est de remettre progressivement le corps face aux contraintes auxquelles il devra réellement faire face.
Vous avez retrouvé votre contrôle et votre équilibre
La force seule ne suffit pas.
Votre corps doit également savoir utiliser cette force au bon moment.
C'est particulièrement important après :
Le contrôle neuromusculaire, la proprioception et l'équilibre permettent notamment de mieux contrôler les mouvements lors des situations imprévues.
C'est pourquoi les exercices de rééducation deviennent progressivement plus complexes.
On ne cherche plus seulement à faire travailler un muscle.
On cherche à faire fonctionner l'ensemble du mouvement.
Vous avez retrouvé confiance
C'est un élément que les sportifs sous-estiment énormément.
Imaginez un joueur qui s'est fait une entorse du genou.
Physiquement, il peut être capable de courir.
Mais lorsqu'il doit changer brutalement de direction, il ralentit inconsciemment.
Il protège sa jambe.
Il hésite.
Il pense à sa blessure.
Il n'ose pas mettre toute sa force.
Cette appréhension peut être un véritable frein au retour au sport.
Les recherches sur le retour au sport après une reconstruction du ligament croisé antérieur montrent notamment que les sportifs qui reprennent présentent en moyenne une meilleure préparation psychologique, davantage de confiance et moins de peur du mouvement que ceux qui ne reprennent pas leur sport. Une méta-analyse portant sur 3 744 patients a retrouvé cette association. (PubMed)
Voir la méta-analyse sur PubMedLa confiance ne signifie évidemment pas qu'il faut « se convaincre » que tout va bien.
Elle doit être construite progressivement grâce à une récupération physique et fonctionnelle réelle.
Vous êtes capable de supporter une séance complète
C'est probablement l'un des tests les plus intéressants avant la reprise complète.
Pouvez-vous réaliser une séance d'entraînement sans que les symptômes augmentent de manière importante ?
Et surtout, comment votre corps réagit-il après la séance ?
Il faut observer :
Une séance réussie ne signifie pas uniquement :
« Je l'ai terminée. »
Il faut également regarder comment votre corps récupère dans les heures qui suivent.
Imaginez que vous n'ayez pas fait de sport pendant six semaines.
Même si votre blessure est suffisamment consolidée, votre capacité à supporter une charge d'entraînement importante a diminué.
C'est un peu comme une voiture restée au garage pendant plusieurs semaines.
Elle peut redémarrer.
Mais cela ne signifie pas qu'il est pertinent de partir immédiatement faire 500 kilomètres à pleine vitesse.
Le corps a besoin de retrouver progressivement sa capacité à supporter la charge.
C'est pourquoi le retour au sport devrait généralement être progressif.
On augmente progressivement :
Le retour au sport n'est pas nécessairement un bouton ON/OFF.
Les experts parlent plutôt d'un continuum.
On peut distinguer plusieurs étapes :
Retour à l'activité
Vous recommencez à bouger et à réaliser des exercices adaptés.
Retour à l'entraînement
Vous recommencez à participer à certaines parties des séances.
Retour à l'entraînement complet
Vous êtes capable de supporter l'ensemble de la séance.
Retour à la compétition
Vous pouvez reprendre les conditions réelles de votre sport.
Retour à la performance
Et c'est encore autre chose.
Être capable de jouer un match ne signifie pas forcément être capable de retrouver immédiatement son niveau maximal.
Après une blessure, l'objectif final peut donc être beaucoup plus ambitieux que simplement « pouvoir rejouer ».
Le but est de retrouver progressivement la capacité de performer dans les conditions habituelles de votre sport. (PubMed)
Il n'existe pas une réponse identique pour toutes les blessures.
Une légère gêne ne signifie pas automatiquement que vous avez aggravé votre blessure.
Mais une douleur qui augmente progressivement, un gonflement important, une perte de force, une instabilité ou une détérioration nette des symptômes doivent pousser à réévaluer la situation.
C'est justement pour cette raison qu'un retour au sport doit être individualisé.
Un physiothérapeute peut vous aider à déterminer :
Les blessures musculaires, notamment aux ischio-jambiers, sont connues pour leur risque de récidive.
Le retour au sport ne repose donc pas uniquement sur l'absence de douleur.
Il faut progressivement retrouver la capacité du muscle à produire et supporter les forces nécessaires à l'activité sportive.
Pour les ischio-jambiers, un consensus international recommande notamment une rééducation individualisée prenant en compte le sport pratiqué, le type et la gravité de la blessure, avec une progression des exercices, de la course et du sprint avant le retour complet au sport. (PubMed)
Voir le consensus international sur la rééducation des blessures des ischio-jambiersLe ligament croisé antérieur est un bon exemple pour comprendre pourquoi la reprise ne doit pas être basée uniquement sur le calendrier. Après une reconstruction du LCA, le sportif doit progressivement récupérer :
Les recommandations internationales insistent sur une évaluation à la fois physique et psychologique, avec des tests fonctionnels et une progression basée sur des critères plutôt que sur le seul temps écoulé depuis l'opération. (PubMed) Cela explique pourquoi deux sportifs opérés le même jour peuvent ne pas être prêts à reprendre au même moment.
Il n'y a pas un test magique qui permettrait de répondre « oui » ou « non ». Selon votre blessure et votre sport, le physiothérapeute peut notamment évaluer :
Pour une entorse de cheville, par exemple, les recommandations de consensus intègrent précisément la douleur, les capacités musculaires, le contrôle sensorimoteur, la perception du sportif et les performances spécifiques au sport. (PubMed)
Imaginez deux personnes capables de réaliser dix sauts sur une jambe.
Sur le papier, leur résultat est identique.
Mais si l'une réalise les mouvements avec un bon contrôle du genou, du bassin et de la cheville tandis que l'autre compense et s'effondre à chaque réception, leurs capacités ne sont pas réellement identiques.
C'est pourquoi la rééducation ne consiste pas simplement à accumuler des répétitions.
Le physiothérapeute observe comment le mouvement est réalisé.
Cette analyse peut permettre d'identifier certaines compensations qui ne sont pas forcément douloureuses mais qui peuvent devenir problématiques lorsque l'intensité augmente.
Reprendre seul est possible dans certaines situations simples. Mais lorsque la blessure a été importante, lorsque vous avez été opéré ou lorsque vous pratiquez un sport avec beaucoup de contraintes, une évaluation professionnelle peut être particulièrement utile. Le physiothérapeute peut transformer la question :
en plusieurs questions beaucoup plus précises :
C'est cette combinaison d'informations qui permet de prendre une décision plus pertinente.
Reprendre la natation après une blessure n'impose pas exactement les mêmes contraintes que reprendre le football.
Reprendre la course n'est pas comparable à reprendre le tennis.
Le basketball, le rugby, le ski ou le padel imposent encore d'autres contraintes.
Plus le sport implique :
plus la préparation doit se rapprocher progressivement des contraintes réelles de l'activité.
C'est pourquoi une rééducation efficace ne devrait pas s'arrêter lorsque les mouvements du quotidien redeviennent normaux.
Il faut préparer le corps à ce qu'il va réellement devoir faire.
Une évaluation est particulièrement pertinente si :
Il vaut mieux consacrer quelques séances à vérifier les capacités du corps que reprendre trop rapidement et devoir recommencer toute la rééducation.
C'est probablement le point essentiel à retenir.
La question n'est pas seulement :
La mauvaise question
« Est-ce que ma blessure est guérie ? »
La vraie question
« Est-ce que mon corps est suffisamment préparé pour supporter les contraintes de mon sport ? »
La différence est importante.
Vous pouvez avoir terminé la phase aiguë de votre blessure sans avoir encore retrouvé toutes vos capacités physiques.
Et vous pouvez avoir besoin d'un travail supplémentaire pour retrouver votre force, votre coordination, votre endurance et votre confiance.
Les recommandations actuelles considèrent justement le retour au sport comme une décision multifactorielle qui doit intégrer les données physiques, fonctionnelles, psychologiques et les exigences propres à l'activité sportive. (PubMed)
À Genève, la physiothérapie peut accompagner les sportifs dans les différentes étapes de leur récupération, depuis la reprise des mouvements jusqu'au retour progressif à l'entraînement.
La prise en charge peut être adaptée à votre blessure, à votre niveau sportif et à vos objectifs.
Pour certaines personnes, se déplacer dans un cabinet peut également être difficile dans les premières semaines après une blessure ou une opération. Une prise en charge à domicile permet alors de commencer ou de poursuivre la rééducation directement dans son environnement habituel.
L'objectif n'est pas simplement de faire disparaître une douleur.
Il s'agit de retrouver progressivement une capacité réelle à bouger, s'entraîner et reprendre les activités qui comptent pour vous.
Vous avez subi une blessure et vous ne savez pas encore si vous êtes prêt à reprendre le sport ?
Avec PhysioDom, vous pouvez bénéficier d'une physiothérapie à domicile à Genève, avec une prise en charge adaptée à votre situation et à vos objectifs de récupération.
Que vous soyez en phase de récupération après une entorse, une blessure musculaire, une opération ou une autre problématique liée au sport, la physiothérapie à domicile peut vous accompagner progressivement vers la reprise de vos activités.
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