Pourquoi ai-je mal au talon quand je marche ?

Pourquoi ai-je mal au talon quand je marche ?

Une douleur au talon peut sembler banale au début.

On se dit que l'on a peut-être trop marché, que ses chaussures ne sont pas adaptées ou que la douleur va simplement disparaître avec quelques jours de repos.

Pourtant, lorsque le talon commence à faire mal à chaque pas, que la douleur apparaît au réveil ou qu'elle revient systématiquement après une période de marche prolongée, il peut être utile de chercher la véritable cause.

La douleur au talon peut avoir plusieurs origines. La plus fréquente est la fasciopathie plantaire, souvent appelée à tort « fasciite plantaire ». Mais elle n'est pas la seule possibilité : tendon d'Achille, bursite, surcharge mécanique, problème nerveux, traumatisme ou encore fracture peuvent également provoquer une douleur dans cette région.

La localisation exacte de la douleur, le moment où elle apparaît et la manière dont elle évolue donnent déjà beaucoup d'informations.

Et surtout, avoir mal au talon ne signifie pas forcément qu'il faut arrêter complètement de marcher.

Dans de nombreux cas, une prise en charge adaptée permet de réduire progressivement les symptômes et de retrouver une marche normale.

Où avez-vous exactement mal au talon ?

Avant de parler de traitement, il faut commencer par une question simple : où se situe la douleur ?

Toutes les douleurs du talon ne correspondent pas au même problème.

Zone A

Une douleur sous le talon

Lorsque la douleur se situe sous le talon, entre le talon et la voûte plantaire, la fasciopathie plantaire fait partie des principales causes possibles.

Elle correspond à une atteinte douloureuse de la fascia plantaire, une structure fibreuse située sous le pied qui participe notamment au soutien de la voûte plantaire et à la transmission des forces lors de la marche.

La douleur est souvent particulièrement marquée lors des premiers pas après une période de repos.

Vous pouvez par exemple ressentir une douleur importante :

  • en sortant du lit le matin ;
  • après être resté assis longtemps ;
  • lorsque vous recommencez à marcher après un trajet en voiture ;
  • après une journée passée debout ;
  • après une longue promenade ;
  • pendant ou après une séance de course.

Ce profil est assez caractéristique de la fasciopathie plantaire. (nhs.uk)

Zone B

Une douleur derrière le talon

Si la douleur se situe plutôt à l'arrière du talon, près de l'insertion du tendon d'Achille, l'origine peut être différente.

Une tendinopathie du tendon d'Achille peut notamment provoquer :

  • une douleur à l'arrière du talon ;
  • une raideur au démarrage ;
  • une douleur pendant la marche ou la course ;
  • une sensibilité à la pression ;
  • une gêne qui augmente lorsque la charge sur le tendon augmente.

Dans ce cas, le traitement et les exercices ne sont pas exactement les mêmes que pour une douleur sous le talon.

Zone C

Une douleur avec gonflement ou après un traumatisme

Une douleur apparue brutalement après une chute, un choc ou un mouvement violent doit être considérée différemment.

Une fracture du calcanéum, une rupture tendineuse ou une autre lésion traumatique peuvent nécessiter une évaluation médicale.

Une douleur importante associée à un gonflement, des ecchymoses, une déformation ou une incapacité à marcher ne doit pas être banalisée. (nhs.uk)

Voir les recommandations cliniques 2023 sur PubMed

La fasciopathie plantaire : une cause très fréquente

La fasciopathie plantaire est probablement la première cause à évoquer lorsque quelqu'un décrit une douleur sous le talon typique.

Elle est particulièrement fréquente chez les personnes qui sollicitent beaucoup leurs pieds : marche prolongée, course, station debout importante ou augmentation récente de l'activité physique.

4 à 10 %

Une revue clinique estime qu'environ 4 à 10 % de la population générale pourrait être concernée, avec une fréquence encore plus importante chez les sportifs. (PubMed)

Cela représente donc un problème loin d'être exceptionnel.

Mais il faut faire attention à une idée reçue.

La douleur plantaire n'est pas simplement liée à une « inflammation » du pied.

Le terme traditionnel de fasciite plantaire est largement utilisé, mais les connaissances actuelles décrivent souvent davantage une fasciopathie, c'est-à-dire une problématique liée à la capacité du tissu à supporter les contraintes mécaniques, plutôt qu'une simple inflammation aiguë.

C'est notamment pour cette raison que la prise en charge ne consiste pas uniquement à « attendre que l'inflammation passe ».

Pourquoi le talon commence-t-il à faire mal ?

Il n'existe pas toujours une cause unique.

La douleur peut apparaître lorsque les contraintes appliquées au pied dépassent progressivement sa capacité d'adaptation.

La charge imposée

Imaginez quelqu'un qui marche habituellement 3 000 pas par jour. Puis, pendant les vacances, cette personne passe soudainement à 15 000 ou 20 000 pas quotidiennement. Le pied doit absorber beaucoup plus de charge.

La capacité actuelle du pied

Si cette augmentation est trop importante ou trop rapide, certaines structures peuvent devenir douloureuses. La même chose peut arriver lorsqu'une personne recommence à courir après plusieurs mois d'arrêt.

Ou lorsqu'un travail impose soudainement davantage de temps debout.

Ou encore lorsqu'un changement de chaussures modifie les contraintes exercées sur le pied.

Le problème n'est donc pas nécessairement « le pied qui est fragile ».

Il peut simplement y avoir un décalage entre la charge imposée et la capacité actuelle du pied à la supporter.

Quels facteurs peuvent favoriser une douleur du talon ?

Plusieurs facteurs peuvent être associés à la fasciopathie plantaire.

Il peut notamment s'agir :

  • d'une augmentation récente de l'activité physique ;
  • de longues périodes de marche ;
  • d'une station debout prolongée ;
  • de la course à pied ;
  • de certaines caractéristiques biomécaniques ;
  • d'une mobilité limitée ou particulière de la cheville ;
  • d'une augmentation de la charge corporelle ;
  • d'un changement important dans les habitudes d'activité.

Une méta-analyse consacrée aux personnes physiquement actives a notamment identifié plusieurs facteurs associés à la fasciopathie plantaire, dont certaines caractéristiques de mobilité du pied et de la cheville ainsi que le poids et l'IMC. (PubMed)

Une autre méta-analyse portant sur 51 études a retrouvé une association importante entre un IMC supérieur à 27 et la fasciopathie plantaire, avec un odds ratio regroupé de 3,7. Cela montre une association statistique, mais ne signifie évidemment pas que le poids est la cause unique de la douleur. (PubMed)

Voir l'étude PubMed sur les facteurs de risque

Pourquoi ai-je particulièrement mal au premier pas le matin ?

C'est l'un des symptômes les plus caractéristiques de la fasciopathie plantaire.

1

Vous dormez plusieurs heures sans marcher.

2

Puis, au réveil, vous posez le pied au sol.

3

Et là, une douleur parfois très vive apparaît sous le talon.

4

Après quelques minutes de marche, la douleur peut diminuer.

5

Mais elle peut ensuite revenir après une longue période debout ou après une activité importante.

Ce phénomène s'explique notamment par les contraintes mécaniques appliquées à la fascia plantaire après une période de repos.

Le même phénomène peut se produire après être resté longtemps assis.

Vous travaillez devant votre ordinateur pendant une heure.

Vous vous levez.

Les premiers pas sont douloureux.

Puis le pied semble progressivement « se débloquer ».

Ce profil est suffisamment typique pour orienter le professionnel de santé lors de l'évaluation. (nhs.uk)

Est-ce que marcher aggrave forcément la blessure ?

Pas nécessairement.

C'est une distinction importante.

Lorsqu'on ressent une douleur au talon, le premier réflexe peut être de vouloir supprimer toute activité.

Pourtant, dans de nombreux problèmes musculosquelettiques, le repos complet n'est pas forcément la meilleure stratégie à long terme. Le principe est plutôt d'identifier quelle quantité de charge le pied peut actuellement supporter, puis de faire évoluer progressivement cette capacité. Cela peut signifier réduire temporairement :

  • les longues promenades ;
  • les courses ;
  • les sauts ;
  • les séances très intenses ;
  • les périodes prolongées debout.

Mais cela ne signifie pas nécessairement arrêter complètement de bouger. L'objectif est de trouver une charge suffisamment faible pour ne pas entretenir une aggravation importante des symptômes, tout en conservant progressivement les capacités physiques.

Que faire lorsque le talon fait mal en marchant ?

La première étape consiste à comprendre ce qui déclenche la douleur. Posez-vous quelques questions :

Quand la douleur apparaît-elle ?

Au premier pas du matin ? Après plusieurs minutes ? Après une longue marche ?

Où est-elle située ?

Sous le talon ? Dans la voûte plantaire ? Derrière le talon ?

Depuis quand est-elle présente ?

Quelques jours ? Plusieurs semaines ? Plusieurs mois ?

Y a-t-il eu un changement récent ?

Nouvelle activité sportive ? Plus de marche ? Nouvelles chaussures ? Reprise après une période d'arrêt ?

La douleur augmente-t-elle progressivement ?

Ces informations sont très utiles pour comprendre le problème.

Les chaussures peuvent-elles provoquer une douleur au talon ?

Oui, elles peuvent participer au problème.

Certaines personnes constatent une augmentation de leurs symptômes après avoir changé de chaussures ou après avoir passé davantage de temps dans des chaussures très peu amortissantes.

Cela ne signifie pas qu'il existe une « chaussure parfaite » pour tout le monde.

Mais lorsque le pied est douloureux, il peut être intéressant d'éviter temporairement les chaussures particulièrement inconfortables, très rigides ou insuffisamment adaptées à votre activité.

Les recommandations cliniques concernant les douleurs plantaires prennent en compte notamment l'éducation, la gestion de la charge et les interventions adaptées aux caractéristiques du patient. (PubMed)

Faut-il mettre de la glace ?

La glace peut parfois apporter un soulagement temporaire chez certaines personnes.

Mais elle ne traite pas nécessairement la cause du problème.

Si vous avez une douleur au talon depuis plusieurs semaines, appliquer de la glace quotidiennement sans modifier les facteurs qui entretiennent la surcharge risque de ne pas résoudre le problème.

La question essentielle reste donc :

Pourquoi le pied continue-t-il à être douloureux ?

Est-ce la charge ?

La mobilité ?

La force ?

La reprise sportive ?

La manière dont vous marchez ?

Une autre pathologie ?

C'est là que l'évaluation devient intéressante.

Quels exercices peuvent aider en cas de douleur au talon ?

Les exercices occupent une place importante dans la prise en charge de la fasciopathie plantaire.

Mais là encore, il n'existe pas un exercice magique.

Le programme doit être adapté au niveau d'irritabilité du pied et aux capacités de la personne.

Il peut notamment inclure un travail progressif :

des muscles du mollet ;
des muscles intrinsèques du pied ;
de la force du pied et de la cheville ;
de la mobilité de la cheville ;
de la tolérance à la charge ;
de l'équilibre ;
de la marche ;
puis éventuellement de la course et des sauts.

L'objectif est de rendre progressivement le pied plus capable de supporter les contraintes auxquelles il est exposé. Une importante revue de la littérature consacrée à la prise en charge de la douleur plantaire a analysé 51 essais cliniques représentant 4 351 participants. Elle souligne notamment l'intérêt d'une prise en charge combinant plusieurs éléments plutôt que de chercher une solution unique. (PubMed)

Voir la revue scientifique sur la prise en charge de la douleur plantaire

Faut-il étirer le mollet ?

Les étirements peuvent avoir leur place dans une prise en charge, notamment lorsqu'une limitation de mobilité est identifiée.

Mais il faut éviter de transformer les étirements en règle universelle.

Si vous faites cinq minutes d'étirements chaque matin mais que vous continuez parallèlement à augmenter fortement votre volume de marche ou de course, le problème de charge peut rester présent.

La prise en charge doit donc être globale.

Mobilité + force + gestion de la charge + reprise progressive de l'activité.

C'est généralement beaucoup plus pertinent que de chercher uniquement à « détendre » le pied.

Et les semelles ?

Les semelles peuvent parfois être utilisées dans certaines situations.

Elles peuvent modifier temporairement la répartition des contraintes et apporter un confort supplémentaire.

Mais elles ne doivent pas forcément être considérées comme une solution définitive.

Une personne peut ressentir une amélioration avec une semelle, tout en ayant encore besoin de retrouver progressivement de la force et une meilleure tolérance à la charge.

Le choix d'une semelle dépend donc de la situation individuelle.

Et l'épine calcanéenne ?

« J'ai une épine calcanéenne, donc c'est elle qui me fait mal. »

L'épine calcanéenne est souvent accusée d'être responsable de la douleur. Pourtant, la situation est plus complexe. Une excroissance osseuse peut être visible sur une radiographie sans être la cause directe de la douleur. Certaines personnes présentent une épine calcanéenne sans avoir mal. À l'inverse, une personne souffrant d'une fasciopathie plantaire peut ne pas présenter d'épine importante. Il est donc dangereux de résumer les choses ainsi.

Le diagnostic doit tenir compte des symptômes et de l'examen clinique, et pas uniquement d'une image radiologique. Les recommandations sur les douleurs du talon rappellent d'ailleurs que plusieurs pathologies peuvent provoquer des symptômes similaires et que le diagnostic doit prendre en compte l'ensemble du tableau clinique. (PubMed)

Est-ce que la douleur au talon peut venir d'un nerf ?

Oui. Même si la fasciopathie plantaire est fréquente, une douleur au talon peut également avoir une origine neurologique. Certaines irritations nerveuses peuvent provoquer :

  • des brûlures ;
  • des fourmillements ;
  • des engourdissements ;
  • des sensations électriques ;
  • une douleur qui ne ressemble pas à une douleur mécanique classique.

C'est une raison supplémentaire pour laquelle il ne faut pas automatiquement considérer toute douleur du talon comme une fasciopathie plantaire. Les recommandations cliniques sur les douleurs du talon mentionnent notamment des diagnostics différentiels neurologiques, traumatiques, infectieux, vasculaires ou articulaires. (PubMed)

Quand faut-il consulter pour une douleur au talon ?

Une douleur légère apparue récemment après une augmentation de l'activité peut parfois être surveillée. En revanche, il est préférable de demander un avis professionnel lorsque :

Demandez un avis professionnel si…

  • la douleur devient importante ;
  • elle empêche de marcher normalement ;
  • elle s'aggrave progressivement ;
  • elle revient régulièrement ;
  • elle persiste malgré une adaptation de l'activité ;
  • vous présentez des fourmillements ou une perte de sensibilité ;
  • le talon est très gonflé ;
  • la douleur est apparue après un traumatisme ;
  • vous avez entendu un claquement ou une sensation de rupture ;
  • vous ne pouvez plus prendre appui correctement.

Une douleur du talon qui dure plusieurs semaines mérite également d'être évaluée plutôt que de simplement attendre qu'elle disparaisse.

Une douleur au talon après la course : faut-il arrêter de courir ?

Pas forcément.

Tout dépend de la situation.

Si la douleur apparaît uniquement après une augmentation récente du volume d'entraînement, le problème peut être lié à une progression trop rapide de la charge.

Dans ce cas, une réduction temporaire du volume ou de l'intensité peut être nécessaire.

Mais l'objectif sera généralement de retrouver progressivement la capacité à courir.

Une reprise peut par exemple passer par différentes étapes :

marche confortable marche rapide alternance marche/course course légère augmentation progressive de la durée augmentation progressive de l'intensité

Le rythme dépend de la réaction du pied.

Le but n'est pas de tester chaque jour jusqu'à trouver la limite de douleur.

Le but est de reconstruire progressivement la capacité du pied à supporter la course.

Pourquoi certaines personnes ont mal au talon pendant des mois ?

Parce que la douleur peut devenir un véritable cercle vicieux.

1
La personne a mal.
2
Elle réduit son activité.
3
Elle perd progressivement de la force.
4
Elle reprend ensuite son activité habituelle trop rapidement.
5
Le pied n'est plus suffisamment préparé à cette charge.
6
La douleur revient.
7
La personne arrête à nouveau.
8
Et le cycle recommence.

Une autre possibilité est de traiter uniquement le symptôme sans modifier le facteur qui entretient la surcharge.

Par exemple, une personne peut prendre des antalgiques ou utiliser une semelle et continuer à augmenter fortement ses distances de marche.

La douleur peut alors persister.

La rééducation cherche plutôt à comprendre ce que le pied est capable de supporter aujourd'hui, puis à augmenter progressivement cette capacité.

Le rôle du physiothérapeute dans la douleur au talon

La physiothérapie ne consiste pas simplement à faire quelques exercices.

Le physiothérapeute commence généralement par analyser la situation.

Il peut notamment regarder :

la localisation de la douleur
les mouvements qui déclenchent les symptômes
la mobilité de la cheville
la force du pied et du mollet
la marche
l'équilibre
les habitudes sportives
le volume de marche quotidien
les chaussures utilisées
les antécédents de blessures
l'évolution des symptômes

Cette évaluation permet ensuite de construire une prise en charge adaptée.

L'objectif n'est pas simplement de faire moins mal aujourd'hui.

Il est aussi de permettre au pied de retrouver progressivement sa capacité à marcher, courir, travailler et pratiquer une activité physique.

Pourquoi la physiothérapie peut être particulièrement utile si vous marchez beaucoup

Certaines personnes ne peuvent tout simplement pas arrêter de marcher.

Un commerçant.

Un infirmier.

Une personne travaillant debout.

Un professionnel qui se déplace toute la journée.

Ou simplement quelqu'un qui vit dans un environnement où la marche est indispensable.

Dans ces situations, conseiller uniquement :

« Reposez votre pied. »

n'est pas toujours très réaliste. La physiothérapie peut justement aider à trouver un équilibre entre la réduction temporaire des contraintes irritantes et le maintien d'une activité adaptée. Le but est de modifier la charge sans supprimer inutilement toute activité.

Peut-on continuer à travailler avec une douleur au talon ?

Cela dépend évidemment du métier et de l'intensité des symptômes. Une personne travaillant assise devant un ordinateur n'aura pas les mêmes contraintes qu'une personne qui reste debout huit heures par jour. Dans certains cas, quelques adaptations peuvent aider :

  • alterner les positions ;
  • réduire temporairement les périodes prolongées debout ;
  • intégrer de courtes pauses ;
  • adapter les chaussures ;
  • organiser différemment les déplacements ;
  • poursuivre les exercices recommandés.

L'objectif est de rendre la situation compatible avec la récupération.

Combien de temps faut-il pour que la douleur au talon disparaisse ?

Il n'existe pas de délai universel. Certaines douleurs récentes peuvent s'améliorer rapidement. D'autres deviennent persistantes et nécessitent plusieurs semaines ou plusieurs mois de prise en charge. Le délai dépend notamment :

  • de l'ancienneté de la douleur ;
  • de son intensité ;
  • de la charge quotidienne ;
  • de l'activité sportive ;
  • de la force musculaire ;
  • de la mobilité ;
  • des facteurs de risque ;
  • de la régularité de la rééducation ;
  • de la cause réelle de la douleur.

Il faut donc éviter les promesses du type « votre douleur disparaîtra en dix jours ».

Une bonne prise en charge consiste plutôt à observer régulièrement l'évolution et à ajuster progressivement les contraintes.

Douleur au talon : les erreurs à éviter

Certaines habitudes peuvent entretenir les symptômes.

Attendre trop longtemps

Une douleur qui dure plusieurs semaines sans aucune amélioration mérite une évaluation.

Arrêter complètement de bouger

Le repos peut être nécessaire temporairement, mais une immobilisation prolongée peut réduire les capacités physiques.

Reprendre brutalement

Une amélioration de la douleur ne signifie pas que le pied est immédiatement capable de supporter une longue marche ou une séance de course intense.

Changer dix choses en même temps

Nouvelles chaussures, semelles, exercices, reprise de la course, massage…

Si vous modifiez tout simultanément, il devient difficile de savoir ce qui fonctionne réellement.

Se focaliser uniquement sur l'épine calcanéenne

Une image radiologique ne permet pas à elle seule d'expliquer une douleur.

Faire des exercices sans progression

Un exercice doit évoluer avec vos capacités.

Faire exactement la même routine pendant plusieurs mois n'est pas forcément suffisant.

Quand la douleur au talon nécessite-t-elle une prise en charge rapide ?

Certaines situations nécessitent davantage de prudence.

Une douleur apparue après un traumatisme important, associée à une incapacité à prendre appui, une déformation, un gonflement important ou un bruit de claquement doit faire rechercher une lésion traumatique. (nhs.uk)

Des symptômes neurologiques comme une perte de sensibilité ou des fourmillements persistants doivent également être évalués.

Et si vous avez une maladie chronique susceptible d'affecter les pieds, une douleur nouvelle mérite une attention particulière.

Le principe est simple : une douleur mécanique progressive n'est pas évaluée exactement de la même manière qu'une douleur brutale apparue après un traumatisme.

Et si la douleur est uniquement sous le talon ?

Dans ce cas, la fasciopathie plantaire est effectivement une hypothèse fréquente, surtout lorsque la douleur est importante au premier pas après le repos puis diminue progressivement avec le mouvement.

Mais même dans ce cas, il est préférable de ne pas s'auto-diagnostiquer définitivement.

La douleur au talon peut avoir plusieurs causes et certaines peuvent se ressembler.

Les recommandations cliniques récentes consacrées aux douleurs du talon insistent justement sur l'importance de l'examen clinique, de l'évaluation fonctionnelle et de la prise en compte des différentes possibilités diagnostiques. (PubMed)

Physiothérapie à domicile pour une douleur au talon à Genève

Lorsque la douleur rend les déplacements difficiles, aller dans un cabinet peut parfois devenir compliqué.

C'est particulièrement vrai pour une personne âgée, une personne qui marche difficilement ou quelqu'un qui récupère également d'une autre blessure ou d'une opération.

La physiothérapie à domicile à Genève permet alors d'effectuer la prise en charge directement dans l'environnement habituel.

Le physiothérapeute peut notamment observer les conditions réelles dans lesquelles vous marchez, les activités que vous réalisez quotidiennement et les contraintes auxquelles votre pied est réellement exposé.

La rééducation peut ensuite évoluer progressivement en fonction de vos objectifs.

L'objectif peut être simplement de retrouver une marche confortable, mais aussi de pouvoir reprendre la randonnée, la course, le sport ou une activité professionnelle nécessitant de rester longtemps debout.

Peut-on prévenir les douleurs au talon ?

Il n'est pas toujours possible de les éviter.

Mais certaines habitudes peuvent réduire le risque de surcharge.

La progression de l'activité physique est particulièrement importante.

Si vous recommencez à courir, augmentez progressivement le volume.

Si vous partez en vacances et savez que vous allez beaucoup marcher, évitez si possible de passer brutalement d'une activité très faible à plusieurs dizaines de milliers de pas quotidiennement.

Si vous reprenez le sport après plusieurs mois d'arrêt, laissez à votre corps le temps de retrouver ses capacités.

Et surtout, ne considérez pas la douleur comme quelque chose qu'il faut systématiquement ignorer.

Une douleur persistante est une information.

Elle peut simplement indiquer que la charge actuelle dépasse temporairement les capacités du pied.

En résumé : pourquoi ai-je mal au talon quand je marche ?

L'essentiel à retenir

Une douleur au talon peut avoir de nombreuses causes.

La fasciopathie plantaire est fréquente, notamment lorsque la douleur se situe sous le talon et qu'elle est particulièrement importante lors des premiers pas après une période de repos.

Mais d'autres problèmes peuvent provoquer des symptômes similaires, notamment une tendinopathie du tendon d'Achille, une bursite, une irritation nerveuse ou une lésion traumatique.

La prise en charge dépend donc de la cause.

Dans le cas d'une douleur mécanique du pied, l'objectif n'est généralement pas simplement de supprimer toute activité.

Il s'agit surtout de comprendre la charge que le pied peut supporter, réduire temporairement les contraintes excessives puis reconstruire progressivement sa force, sa mobilité et sa capacité à marcher ou courir.

Une physiothérapie adaptée peut aider à effectuer cette progression de manière structurée.

Vous avez mal au talon quand vous marchez à Genève ?

Avec PhysioDom, vous pouvez bénéficier d'une physiothérapie à domicile à Genève, directement chez vous.

Que votre douleur soit liée à une fasciopathie plantaire, une surcharge, une reprise sportive ou une autre problématique du pied, une évaluation permet de mieux comprendre vos symptômes et de construire une prise en charge adaptée à votre situation.

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